à vue de nez

007 (16) 10 bonnes raisons (47) 3 en 1 (7) à mon avis (19) A.R.T. (59) actualités (381) album du moi (23) Alice (13) amour guirlandes et ... (11) art de vivre (445) avant/après (17) awards (33) B.A. (1) back to the future (18) bilan (28) Björk (16) Bowie (19) breaking news (159) Britanny: le roman photo (35) Bruxellesmabelle (21) buena vista social network (20) c'était mieux avent (120) calendrier (46) Cannes (38) cinématographe (274) clip vidéo (200) cocoon (5) collages & médias (45) comme un dimanche (3) comme un garçon (10) compils anonymes (36) coup de nez (20) courrier des lecteurs (17) Custers (54) daily gotham (9) de face (296) de profil (318) disques (425) Empire Of The Sun (19) en boucle (161) En Mode Dépêche (1) exclusif (147) fais moi une scène (1) festivités (28) films classés sans suite (3) flamand rose (87) Gainsbourg (15) Game Of Thrones (43) glee (6) Goldfrapp (5) Grace Jones (11) Hunger Games (11) J'ai 10 ans (12) Jukebox (23) La Famille Colin (20) lapin blanc (11) Les Favis (Fashion Victims) (21) livre d'images (13) ludothèque (49) Martin Parr (6) mashup de sosies (3) même pas vu (8) Michel Gondry (8) Miss Monde (14) modes et travaux (190) mon oeil (2) ne riez pas (64) news from mars (7) Ornicar (5) Oscar and The Wolf (6) Paradis (8) Parismonamour (22) pas vu à la télé (5) photo (1) photo de groupe (61) photographie (304) pieds poules (100) piqûre de rappel (2) playmobil (9) Polyphème (106) portrait pas chinois (10) pubs en tubes (6) quelle histoire (10) question (22) quotidien des héros (6) réclame (70) Religion cathodique (161) RHOBH (16) rien à voir (21) Róisín Murphy (37) saga (29) science fiction (50) sex & the city (14) sondage à deux balles (7) sport (49) Star Wars (53) streetart (23) téléviseur (189) top of the posts (26) tortilla de patatas (14) Twin Peaks (28) us et coutumes (104) Valentin (59) VHNBKBTRS (3) weekendpedia (4) Woodkid (12) Yan Wagner (9)

2014-03-12

House Of Cards: La série qui tue.


Kevin Spacey et Robin Wright: les atouts majeurs d'une série qui tue.


Impossible de parler de House Of Cards, sans lui associer Netflix, la plate-forme de diffusion de fictions, qui justifie à elle seule la phrase de PPD dans les Guignols:
- Vous regardez l'ancêtre d'internet.

La société californienne est en route pour conquérir le monde, et Frank Underwood, "héros" de la série, en route pour le bureau ovale.

L'histoire d'une ascension fulgurante.
Comme l'éclair.
Comme la douleur aussi.

Et au royaume des cartes, le tout est d'avoir le coeur bien accroché...


Adaptée des collections britanniques diffusées par la BBC, elles-mêmes issues du roman de Michael Dobbs, House Of Cards se résume à peu près à Comment devenir président des Etats Unis quand on est sans foi ni loi. 

Et tandis que les chaînes à péages diffusent en ce moment la saison 2 , il était donc grand temps de faire un point sur la partie en cours.

Les deux font la paire:

Frank Underwood (Kevin Spacey) et son épouse Claire (Robin Wright) ont consacré toute leur vie au service de la nation, mais à une condition: qu'un jour, ils soient au sommet de la fragile pyramide.
Le couple shakespearien respire politique en bossant même dans leur lit, conspire politique derrière toutes les portes, transpire politique jusque dans leurs joggings nocturnes.

Leur mariage est bien plus qu'une association, c'est une fusion.
La fusion de deux êtres extrêmement indépendants.
Et c'est ce paradoxe qui les cimente et les enchaîne.
Ils ont fait tous les sacrifices (dont certains sont humains), renonçant même à l'envie de créer une descendance à cette union libre.

Frank, issu du pays de la pêche de Caroline du Sud, et Claire d'une lignée de fortunés texans, ne font pas dans le détail quand il s'agît de gagner une partie.

Bluff, double jeu, triche, retournements de veste, et coups de poignards: ils jouent vite, frappent fort, et comptent les points.

Impitoyables, parce qu'ayant de moins en moins à perdre et encore tout à gagner.

Fascinants de cynisme ambi-pur, ils distillent leurs mensonges, empoisonnent les conversations et brisent les alliances.

Cette paire sans coeur (ou presque) est prête à verser le sang pour avoir l'ivresse du pouvoir.


Serial Killers:

Et disons-le: tout l'équilibre de l'édifice fragile d'une fiction aussi ambitieuse, repose en très grande partie sur les épaules des deux acteurs magistraux qui leur donnent chair et os et sang et froid dans le dos:

Kevin Spacey, qui a dans le regard toute la vilenie d'un Richard III et dans ses valises tous les méchants qu'il a incarnés au cinéma (rappelons que Keyser Söze, c'est lui).
Robin Wright dont il est impossible à chaque instant de lire les pensées, tant sa beauté est un rempart infranchissable, imperméable, mais qui comme le scorpion, paralyse ses victimes avant de les dévorer vivants.

Le mariage de ces deux tempéraments, l'un boucher souriant dévorant ses spare ribs, l'autre empoisonneuse en retenue de gala, fait merveille dans l'immonde, et feraient passer JR  et Sue Ellen de Dallas pour d'innocents cultivateurs de La Petite Maison dans la Prairie.
Spacey et Wright sont en tout cas les atouts majeurs de la série qui tue.

Sous l'oeil de David Fincher (rappelons que Seven, c'est lui), mais aussi de James Foley, ou Josie Foster, nous assisterons à la quête fratricide du démocrate jusqu'au sommet de l'empire.

Panégyrique du laid:

Et tous les ingrédients sont réunis chacun et tous les épisodes de 52 minutes.
Les Underwood (sous-bois)  sortent de leur tanière pour mettre à exécution leur plan machiavélique, utilisant les autres, qu'ils soient politiques alcooliques, prostituées fébriles ou journalistes ambitieux, comme de vulgaires cartes à jouer,  et n'hésiteront pas à écarter voire à écarteler quiconque se dressera sur leur route.
S'ils doivent éliminer un joueur, ça ne fera pas un pli.
L'ensemble des acteurs, les dialogues et tous les détails de la direction artistique sont remarquables, parfois même qu'ils sont invisibles car au service de l'état.
Il y a une précision dans le jeu et une rigueur dans le choix partenaires.
Les détails fourmillent dans les couloirs du Capitole,  et rien ne semble laissé au hasard.
Attention spoiler!
Dans la saison deux, Frank Underwood se voit offrir des boutons de manchettes à ses initiales: F. U.
Je vous laisse chercher.

Et au milieu du champ de bataille: les sentiments.

Jouissif car extrêmement dérangeant, House Of Cards rappelle aussi que la soif de pouvoir peut donner la migraine.
Et on se doute qu'il y aura des matins qui ne chanteront pas l'hymne national pour Frank et Claire.
Enfin, si il y a une justice dans le monde de la fiction, bien sûr...


P1000 -24